[Es] [Fr] [De] “Un encuentro cargado de futuro” Crónica de la visita a Vio.Me//Ein Treffen, gefüllt mit Zukunft: Chronik der Besichtigung von Vio.Me

Los trabajadores de Vio.Me decidieron poner el cuerpo y no aceptar los despidos: pusieron la fabrica a producir bajo control obrero! Un ejemplo de lucha y resistencia para todos los trabajadores!

La llegada a Vio.Me fue uno de los momentos más emotivos de la gira. Palpitábamos ese encuentro en medio de esta Grecia golpeada por más del 30 % de desocupación. Ante un escenario de locales comerciales cerrados, de miles de trabajadores y niños convertidos en vendedores callejeros, se levanta un pequeño destacamento de obreros de una pequeña fábrica para decir BASTA! IMG_7744

No se resignaron al cierre de su fábrica y se quedaron para resistir los despidos, desafiando el sentido común. Desafiando la desocupación. Ese grupo de obreros apoyados por una red de solidaridad están dando un ejemplo enorme para miles, para millones de trabajadores.

Cuando nos llegó el pedido hace mucho tiempo a través de una amiga alemana de mandar una carta desde Zanon a los obreros de una fábrica en Grecia pensamos: ¿en qué podría ayudar un pedazo de papel con unas palabras desde un lugar tan lejano, con tantas diferencias culturales, tan desconocidos? Y fue una sorpresa escuchar de boca de un obrero, toda la importancia que tuvieron esas palabras escritas, cómo los llenó de emoción y de fuerza, de cómo se sintieron identificados y hermanados, nos hizo llenar de lagrimas los ojos. ¡Con tan poco se puede aportar a una causa si se habla de frente!

El encuentro de entrada fue como si nos conociéramos de toda la vida. Pude ver en cada cara, en cada gesto, en sus palabras de dudas, de miedos, de angustia, de bronca y de decisión, las caras, los gestos y los sentimientos de cada obrero de Zanon. Mientras los escuchaba, me parecía escuchar a mis compañeros 11 años atrás.  Podría haberles puesto el nombre equivalente de cada obrero de Vio.Me a cada obrero de Zanon. Me hicieron sentir y me sentí parte de esta lucha en forma inmediata. No me di cuenta cuándo ya era parte de uno de ellos. Siempre decimos, y lo inscribimos en el estatuto de nuestro Sindicato Ceramista, que la clase obrera no tiene fronteras. Pero constatar esto en carne propia, con obreros en ebullición política, es una experiencia enorme.

Ver las mismas preocupaciones, hablar el mismo idioma de la lucha contra el patrón, pero teniendo que enfrentar a todo el poder político que sostiene al patrón: ministerios, “justicia”, funcionarios, gobiernos, nos hermana de forma profunda. Compartimos más de 4 horas de charla. Luego expusimos ante un auditorio colmado de compañeros.

Dijimos claramente: que todos podemos opinar de Vio.Me, todos podemos hablar de su futuro. Lo que tiene a favor y en contra. Si cooperativa, autogestión u otras variantes, pero al igual que en la Argentina en el 2002, se impone la defensa de esta gestión obrera por sobre todas las discusiones. Podemos seguir discutiendo, pero será diferente si Vio.Me está de pie o no. Si en Argentina dijimos “si tocan a una, tocan a todas” (en defensa de las fábricas ocupadas-recuperadas); hoy la defensa de la Gestión Obrera de Vio.Me debe ser una bandera de lucha de toda la vanguardia en Grecia, y lograr de ese modo el apoyo de la comunidad. La lucha de Vio.Me es grande porque levanta una perspectiva distinta y no se resigna frente a los despidos y cierres de fábrica. La ocupación y puesta en producción de toda fábrica que cierre o despida es una gran herramienta para dar un horizonte a los trabajadores de Europa. No sólo a los Griegos.

Tomamos esta lucha como propia. Esos abrazos, esas palmadas haciendo sonar nuestras espaldas fueron el sello de un encuentro cargado de futuro.

Les travailleurs de Vio.me ont décidé de se battre corps et âme et de ne pas accepter les licenciements : ils ont mis leur usine à produire sous contrôle ouvrier! Un exemple de lutte et de résistance pour tous les travailleurs!

L’arrivée à l’usine Vio.me a été l’un des moments les plus émouvants de ma tournée en Europe. Nos cœurs palpitaient à l’idée de cette rencontre au beau milieu d’une Grèce frappée par un chômage qui dépasse les 30%. Face au panorama de locaux commerciaux désaffectés et aux milliers de travailleurs et d’enfants convertis en vendeurs ambulants, un noyau dur d’ouvriers dans une petite usine s’est levé pour dire STOP ! Ils ne se sont pas résignés à accepter la fermeture de leur usine et sont restés pour résister aux licenciements, défiant le sens commun. Défiant le chômage. Ce groupe d’ouvriers soutenu par un réseau de solidarité est en train de donner un exemple de taille pour des milliers, des millions de travailleurs. Il y a quelques mois, quand une amie allemande nous a demandé d’écrire une lettre depuis Zanon aux ouvriers d’une usine en Grèce, nous nous sommes demandé en quoi quelques mots sur un bout de papier envoyé depuis un endroit si éloigné et inconnu, avec tant de différences culturelles, pourraient-ils aider. Ca a été une immense surprise d’entendre de la bouche d’un ouvrier toute l’importance que ces mots avaient eue, comment ils les avaient remplis d’émotion et de force, combien ils s’y étaient identifiés et s’étaient sentis épaulés… ça nous a donné les larmes aux yeux. Avec si peu, on peut tant apporter à une cause si on se parle franc !

D’entrée de jeu, la rencontre s’est passée comme si on se connaissait depuis toujours. J’ai pu voir sur chaque visage, dans chaque geste, dans leurs mots exprimant leurs doutes, leurs peurs, leur colère et leur détermination, les visages, les gestes et les sentiments de chaque ouvrier de Zanon. A les entendre, j’avais l’impression d’entendre mes camarades 11 ans plus tôt. J’aurais pu attribuer le prénom de chaque ouvrier de Vio.me à chaque ouvrier de Zanon. Ils m’ont fait ressentir immédiatement que j’appartenais à leur lutte. Je ne m’étais pas rendu compte que j’étais déjà l’un des leurs. Pourtant on dit toujours, on l’a même inscrit dans les statuts de notre syndicat céramiste, que la classe ouvrière n’a pas de frontière. Mais le constater de ses propres yeux, face à des ouvriers en pleine ébullition politique, c’est une expérience formidable.

Avoir les mêmes préoccupations, parler la même langue, celle de la lutte contre le patronat, tout en ayant à affronter le pouvoir politique qui soutient le patronat : ministères, « justice », fonctionnaires, gouvernements… cela crée des liens profonds entre nous. Nous avons échangé pendant plus de 4 heures. Ensuite, nous avons donné une conférence devant un auditoire rempli de camarades.

Nous avons dit clairement que nous pouvons tous donner notre avis sur Vio.me, que nous pouvons tous parler de son futur, de ce qui joue en sa faveur ou à son encontre. On peut débattre si l’on veut une coopérative, l’autogestion ou d’autres variantes, mais comme en Argentine en 2002, ce qui compte par-dessus tout, c’est de défendre cette gestion ouvrière. On peut continuer à débattre, mais ça sera totalement différent si Vio.me tient debout ou non. En Argentine, notre slogan pour défendre les usines occupées-récupérées, c’était : « s’ils s’attaquent à l’une, ils s’attaquent à toutes ». Aujourd’hui la défense de la gestion ouvrière de Vio.me doit être l’étendard de lutte de toute l’avant-garde en Grèce, et doit de cette façon parvenir à recueillir le soutien de la population. La lutte de Vio.me est grande car elle soulève une perspective différente, elle ne se résigne pas face aux licenciements et aux fermetures d’usine. L’occupation et la remise en production de toute usine qui ferme ou licencie est un outil puissant pour donner un horizon aux travailleurs d’Europe. Et pas seulement à ceux de Grèce.

Nous prenons cette lutte à bras le corps, comme notre propre lutte. Ces embrassades, ces accolades fraternelles ont témoigné d’une rencontre chargée d’avenir.

Die ArbeiterInnen von Vio.Me entschieden sich zu bewegen und die Entlassungen nicht zu akzeptieren: Sie ließen die Fabrik unter ArbeiterInnenkontrolle weiterproduzieren! Ein Beispiel des Kampfes für alle ArbeiterInnen!

Die Ankunft bei Vio.Me war einer der emotionalisten Momente der Reise. Die Begegnung fand inmitten des mit mehr als 30 Prozent Arbeitslosigkeit so hart von der Krise getroffenen Griechenlandes statt. Vor dem Hintergrund geschlossener Läden, tausender ArbeiterInnen und Kinder, die auf der Straße allerlei Sachen verkaufen müssen, erhebt sich ein kleiner Trupp von ArbeiterInnen einer kleinen Fabrik um zu rufen: ES REICHT!

In Anbetracht der Schließung ihrer Fabrik resignierten sie nicht, sondern blieben, um den Entlassungen zu widerstehen und demcommon sense zu trotzen. Der Arbeitslosigkeit zu trotzen. Diese Gruppe von ArbeiterInnen, die von einem Netz der Solidarität unterstützt werden, bilden ein enormes Beispiel für Tausende, für Millionen von ArbeiterInnen.

Als uns vor langer Zeit die Bitte von einer deutschen Freundin erreichte, eine Botschaft von Zanon an die ArbeiterInnen einer griechischen Fabrik zu senden, dachten wir: Was kann ein Stück Papier mit einigen Wörtern aus einem so weit entfernten, unbekannten Ort, mit so großen kulturellen Unterschieden, helfen? Und es war eine Überraschung aus dem Mund eines Arbeiters zu hören, welche große Bedeutung diese geschriebenen Wörter hatten, wie es sie mit Emotion und Kraft füllte, wie sich alle indentifiziert und verbrüdert fühlten, es füllte unsere Augen mit Tränen. Mit so wenig kann man zu einer Sache beitragen, wenn man direkt spricht!

Die Begrüßung am Einlass war, als kannten wir uns schon unser gesamtes Leben. Man kann in jedem Gesicht, in jeder Geste, in den Worten des Zweifels, der Angst, der Beklemmung, des Ärgers und der Entscheidung, die Gesichter, die Gesten und die Gefühle jedes Arbeiters von Zanon wieder erkennen. Während ich ihnen zuhörte, schien es mir, als würde ich meine Genossen 11 Jahre zuvor reden hören. Man hätte jedem Arbeiter von Vio.Me den gleichen Namen von den ArbeiterInnen von Zanon geben können. Ich fühlte mich sofort als Teil dieses Kampfes. Ich nahm nicht wahr, wann ich Teil von ihnen geworden war. Wir sagen es immer, schrieben es sogar in die Statuten unserer Keramikgewerkschaft, dass die ArbeiterInnenklasse keine Grenzen kennt. Dies jedoch am eigenen Fleisch mitzubekommen, mit ArbeiterInnen in politischer Aufruhr, ist eine enorme Erfahrung.

Die gleichen Besorgnisse zu sehen, in der gleichen Sprache vom Kampf gegen den Besitzer zu sprechen, dabei die gesamte politische Macht, die den Chef schützt: MinisterInnen, die „Rechtssprechung“, FunktionärInnen, Regierungen; all das vereint uns auf tiefe Weise. Wir sprachen mehr als 4 Stunden miteinander. Danach traten wir vor ein mit ZuhörerInnen gefülltes Publikum.

Wir sagten ganz klar: Wir können alle unsere Meinung über Vio.Me haben, wir dürfen alle von ihrer Zukunft reden. Was gut und was schlecht ist. Ob eine Kooperative, Selbstverwaltung oder andere Varianten richtig sind. Doch, genauso wie in Argentinien 2002: die Verteidigung der ArbeiterInnenverwaltung steht über allen anderen Diskussionen. Wir können fortfahren zu diskutieren, doch es ist ein Unterschied, ob Vio.Me noch produziert oder nicht. Wenn wir in Argentinien in Verteidigung der besetzen-wiedererlangten Fabriken sagten: „Greifen sie eine angreifen, greifen sie alle an“; muss heute die Verteidigung der ArbeiterInnenverwaltung bei Vio.Me ein Banner des Kampfes für die gesamte Avantgarde in Griechenland sein, damit man die Unterstützung der Gemeinschaft herstellt. Der Kampf in Vio.Me ist riesig, da er eine andere Perspektive aufweist und angesichts von Entlassungen und Fabrikschließungen nicht resigniert. Die Besetzung und Weiterführung der Produktion jeder Fabrik, die schließt oder entlässt, ist ein großes Werkzeug, um den ArbeiterInnen in Europa einen Horizont zu geben. Nicht nur den griechischen.

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